Penser la théorie au futur (Barthes, Genette, Todorov)

C’est souvent avec inquiétude ou circonspection, aujourd’hui, que l’on évoque l’actualité, et a fortiori l’avenir de la théorie littéraire. Depuis le reflux du structuralisme vers le mitan des années 1970, l’heure du bilan n’a cessé de sonner. Antoine Compagnon, Tzvetan Todorov et d’autres ont ainsi multiplié ces dernières années les témoignages et les synthèses, se retournant sur ce présumé « âge d’or » de la théorie littéraire, pour en dresser l’inventaire et en juger la postérité.

La peur

La démarche biographique est une démarche de compréhension : saisie intellectuelle et totalité, connaissance compréhensive (selon la définition du TLF, « Qualité, attitude d’une personne compréhensive, capable de saisir la nature profonde d’autrui dans une communion affective, spirituelle allant parfois jusqu’à une très indulgente complicité »). Certains points résistent pourtant à toutes ces formes de compréhension, ce qui est le cas avec Barthes de la peur.

Le haïku comme « préparation du roman »

Roland Barthes a donné entre 1978 et 1980 au Collège de France un cours ayant pour titre La Préparation du roman, composé de deux parties. La première, qu’il a nommée De la vie à l’œuvre, était consacrée au haïku, la seconde, intitulée L’œuvre comme volonté, a été...

Éditorial : « Les avenirs de Barthes »

Le souci de l’avenir qui se fait jour chez Barthes a commencé d’être étudié et documenté, en particulier le désir utopique ou le grand projet romanesque Vita nova qui a occupé Barthes dans les dernières années de sa vie. Sans délaisser ces motifs, l’ambition de ce numéro est de rendre son ampleur à ce souci, afin d’en restituer le dynamisme et la pluralité, d’en dégager les lignes de forces et les variations. Si l’œuvre de Barthes apparaît à bien des égards comme mangée d’avenir, il reste à observer comment cette aimantation particulière à l’égard du futur évolue dans le temps, et comment celle-ci se décline suivant des échelles, des portées et des régimes variés.

Barthes cybernéticien ?

La cybernétique se caractérise par une transdisciplinarité et un usage contrôlé du procédé de l’analogie homme/ machine. Elle n’est pas une approche relativement unifiée que Barthes adopte, emprunte, braconne ou bricole puisqu’elle se donne d’emblée comme une configuration plus ou moins mouvante selon l’auteur qui s’en réclame.